ECRITURE DITES-VOUS ?

Malgré un certain penchant pour le rationalisme cartésien, assumé et développé dans tout au long de mes articles, il n'est pas rare que mon frêle esprit aille voguer dans des mondes impossibles à conceptualiser et pourtant si clairs à appréhender si je prends la peine d'y prêter attention. Peut-être un jour vais-je devenir un écrivain de pacotille, mais vu mon niveau actuel du point de vue rédactionnel, je suis encore loin de faire l'affaire des éditeurs. De mes pérégrinations mentales, je rapporte souvent des histoires qui vont bien au-delà de l'atmosphère de notre planète. Je me suis toujours dit que si nous étions les seuls êtres pensants de notre univers, cela serait un gâchis d'espace (une réplique de film que j'aime à reprendre). Des voyages dans l'âme des hommes, je n'ai ramené que mes visions utopistes d'une Terre sans guerre, moi qui n'ai connu que des affrontements à petite échelle.

Le secret de l'art de l'écriture réside-t-il dans ces acquis d'inconscience, ou au contraire faudra-t-il privilégier le sens de la réalité ? Je ne puis l'affirmer puisque je n'ai jamais entrepris d'études littéraires approfondies. Des livres que j'ai lus, je ne retiens que peu de chose, mais c'est de là que je puise mon imaginaire parfois débordant. Croire que j'étais capable de les retranscrire n'était que chimère, mais je m'y accroche puisque cela me procure un plaisir malsain qui me met dans un état second. Mieux que l'alcool et la cigarette, l'écriture est mon véritable refuge. J'admire Orson Wells dans sa capacité de peindre son monde, funèbre, insipide et pourtant si agréable à imaginer. J'adore lire John Steinbeck, auteur cru et pourtant si sentimental. Et moi, où suis-je. Encore en train de chercher les ressources qui pourront au moins me pousser à noircir une feuille sans me poser des questions d'ordre esthétique.

Voilà bien mon voyage improbable. Il est impensable pour moi de m'imaginer auteur alors bien que j'aime les mots, j'aime les utiliser, j'aime les manipuler de manière à posséder une once de sentiment et de ressentiments. Mes impossibles ne seront peut-être jamais possibles. Il me manque un puissant déclic qui puisse me déboucher les sinus de mon imaginaire et les amener sur une feuille blanche. J'ai souvent entendu qu'il fallait écrire avec son cœur et que l'art naît de la souffrance. Du cœur je n'en ai guère, et de la souffrance je n'en ai cure. Voilà peut-être ce qui me manque pour exalter mon imagination, mais je suis au regret de constater qu'à l'heure où je rédige ce monologue, je ne m'en sens pas capable. Au moins, au fil de mes réflexions, je constate que je peux jouir des élucubrations de mon cerveau, et que c'est peut-être mieux de préserver le monde de mes imaginations ineptes.