Plaidoyer pour une politique environnementale efficace et pérenne à Madagascar

C'est à la vue d'une brume épaisse qui prenait la gorge de son goût âcre que les Malgaches ont pris conscience de la gravité des problèmes environnementaux qui pèsent sur leur pays. Ce jour-là, le dimanche 25 octobre 2015, à la suite d'une longue série de feux de brousse et au bout d'une seule journée sans vent, l'air sec de la capitale s'est empourpré pour n'offrir qu'une visibilité de quelques dizaines de mètres. Cette situation ne touche pas seulement la capitale puisque j'ai eu le temps de constater le long de la Route Nationale 7 cette teinte laiteuse qui enveloppait les paysages naturels dégarnis des Hautes Terres. Je me suis alors surpris à dire que mes enfants, qui sont aujourd'hui en bas âge, n'auront pas l'opportunité d'admirer la beauté naturelle du pays qui est le leur. 

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Un village dans la brume de fumée. Copyright : Brice Samsoudine
Identifier les causes du désastre écologique de Madagascar
Les feux de brousse pour le pâturage

Cela fait longtemps qu'il était temps de réagir de manière efficace, mais les politiques environnementales successives n'ont presque pas eu d'effet sur la pratique traditionnelle des feux de brousse, véritable fléau qui détruit à grand feu la Grande Île, autrefois sanctuaire naturel à la végétation luxuriante. La loi est claire, les pyromanes sont passibles de 5 à 10 ans d'emprisonnement, mais de mémoire, je n'ai jamais eu vent d'une condamnation à la suite du déclenchement d'un feu de brousse. 

Dernièrement, un article de Lexpressmada.com a signalé que le Premier Ministre, surement surpris par l'ampleur du phénomène, a décidé de punir les chefs des fokontany où les feux de brousse ont lieu si les auteurs ne sont pas livrés aux autorités. Cette mesure coercitive extrême souligne l'absence d'une véritable politique environnementale réfléchie et appliquée. Car il est clair que les mesures pénales ne sont jamais efficaces auprès d'un peuple qui n'a peu ou prou conscience des impacts à moyen et à long terme de leur action sur la nature. Ailleurs, ce sont les pompiers qui sont en oeuvre, ici, ce sont les chefs fokontany qui vont devoir subir. Pourquoi ne punirait-on pas non plus le ministre de l'Environnement ? Et il faut aussi noter que ce ne sont pas les seuls feux de brousse qui sont responsables de la dégradation de l'environnement et de l'atmosphère, car la confection du charbon de bois le long des routes nationales, occasionne autant de fumée, tout en réduisant de manière exponentielle le nombre d'arbres. 



Il est impossible de trouver des solutions sans avoir pu identifier les causes profondes du désastre écologique que subit la Grande Ile au cours des décennies qui se sont succédé. Pourquoi donc brûle-t-on ces dizaines d’hectares de forêts et de terres ? Les réponses à ces questions ont depuis longtemps été déterminés, mais il est impossible de savoir si elles ont été prises en compte dans la définition des politiques environnementales en vigueur dans le pays. 

Les pasteurs et les propriétaires de bovidés ont toujours usé des feux de brousse à l'orée de la saison des pluies pour disposer de jeunes pousses vertes où paîtront les animaux jusqu'au ravinement complet du sol par les eaux ruisselantes. Il n'a jamais été dans la culture du pasteur malgache de cultiver du fourrage, car cela les contraindrait à d'autres tâches que celui de l'élevage. Car il est de notoriété que le Malgache est paresseux. Le plus simple est alors, pour permettre à l'animal d'engraisser, de brûler les terres. 

Les feux de brousse pour gagner en superficie cultivable

La culture sur brûlis, que l'on appelle localement tavy, est une pratique ancestrale qui consiste à brûler une superficie afin de le cultiver. Les premières années, le rendement est bon, les plants profitant des cendres pour pousser dans les meilleurs conditions, et lorsque les nutriments seront épuisés, il est nécessaire de se déplacer, non sans avoir épuisé le sol qui ne pourra alors pas se régénérer. 



Le charbon de bois pour se faire de l'argent plus facilement

Le charbon de bois est la source d'énergie accessible pour la majorité des Malgaches avec le bois de chauffe, et les producteurs de cette denrée se multiplie le long de toutes les routes nationales. La multiplication de ces vendeurs de charbon, dont la très grande majorité opèrent de manière informelle, n'est pas uniquement motivée par la hausse de la demande et le prix exorbitant des autres sources d'énergie (gaz, alcool à brûler, pétrole lampant...). Il s'agit avant tout d'une source d'argent facile. La production du charbon est bien plus facile que la culture du riz, du manioc, des produits maraîchers. Il suffit pour cela de couper un arbre, de creuser un trou, de disposer les morceaux et de l'étuver par la suite pour quelques jours. Un seul arbre peut produire une dizaine de sacs qui seront par la suite vendus 6.000 ariary l'unité. L’appât de l'argent facile, dans un pays où la pauvreté est particulièrement mordante, ne saura être blâmable dans la mesure où l'Etat, premier responsable, ne dispose d'aucune politique durable, inclusive pour le développement des zones rurales. 

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La vente de charbon porte indéniablement atteinte à l'environnementCopyright : Brice Samsoudine

D'autres raisons moins avouables

Les nombreux voleurs de bétails, ces dahalo qui terrorisent le peuple, usent et abusent des feux de brousse pour effacer leur trace et retarder les éléments des forces de l'ordre qui peuvent éventuellement partir à leur poursuite. L'insécurité galopante participe ainsi à la dégradation de l'environnement. 

Les exploitants miniers artisanaux sont également des acteurs méconnus de la destruction de la couverture végétale. En effet, le carottage du sol où il est estimé contenir des ressources exploitables, une phase préalable de déboisement est nécessaire. Si le filon est confirmé, toute la zone est brûlée afin de faciliter l'exploitation. 



Faire de la politique environnementale un levier pour un développement durable et intégré

Il est clair que la simple politique coercitive est sans résultat face aux agissements conscients ou inconscients de cette population suicidaire. Incapable d'anticiper ce qui peux lui arriver dans les décennies vont suivre, elle considère les actes punitifs de l'Etat central et de ses représentants décentralisés comme une volonté de nuire à leur volonté de vivre selon le précepte de leurs ancêtre, plus facilement... 

L'interdiction de l'utilisation de sachets plastiques de moins de 50 microns d'épaisseur a été un grand pas pour la préservation de l'écosystème, mais cette mesure politique est également révélatrice d'un fait, les responsables n'ont prévu aucune mesure accompagnatrice, ce qui aura eu pour effet de mécontenter la population. Une habitude aussi ancrée que l'utilisation de ces sachets nécessite une éducation préalable aux alternatives, et non une simple campagne d'avertissements accompagnée de la litanie habituelle sur les amendes et autres pénalités.


La gestion durable de l'environnement ne doit pas être du seul ressort du ministère de l'Environnement, car les actions menées risquent fort de ne jamais porter leurs fruits. Il est nécessaire, voire primordial, de définir une politique transdisciplinaire qui inclura dans la politique de protection le volet éducatif, l'aspect sécuritaire et le développement économique. Si un seul de ces élément est lacunaire, le résultat sera celui d'un château de carte mal agencé. 



Le rôle majeur de l'éducation dans la politique environnementale

L'éducation est un levier de développement particulièrement puissant, mais éminemment onéreux qui ne préoccupe pas souvent les politiciens, sauf pour assurer l'essentiel. 

Créer du contenu apporte de la valeur à un site

Lorsqu'on évoque la rédaction web, on pense avant tout au référencement et aux différentes techniques destinées à séduire les puissants robots des moteurs de recherche. Mais ce mode de pensée peut être trompeur puisqu'il amène souvent une entreprise à favoriser la forme sur le fond. Et rédiger un contenu de faible qualité informationnelle et stylistique dans le seul but de remonter le classement de Google, de Bing ou de Yahoo Search nuit à la valeur intrinsèque d'un site web. En effet, l'internaute doit être au centre des préoccupations, car finalement c'est le destinataire du site web, qu'il soit institutionnel, informatif ou commercial. 

La valeur d'un bon site web repose sur la prestige du contenu. Comme on juge quelqu'un à la manière dont il parle, les internautes évaluent un site sur le texte, les données multimédias et l'organisation globale. N'hésitez pas à mettre les moyens humains et financiers nécessaires pour obtenir le contenu qui séduira votre cible. Ne prenez pas les textes et les vidéos en tant qu'éléments uniques, mais comme la partie d'un tout. Pour faciliter le travail de production, établissez une charte rédactionnelle claire qui mentionne le style que vous souhaitez, le public que vous souhaitez attirer... 

A l'instar d'un magasin bien achalandé, un site web bien écrit, bien fourni séduira toujours et attirera un nombre croissant de visiteurs. N'oubliez pas d'innover périodiquement, pour ne pas lasser vos lecteurs. C'est d'ailleurs l'utilité des fils d'actualités, les news et le blog. Et vous remarquerez qu'au final, écrire pour les autres, quel que soit votre secteur, est un plaisir qui ne se boude pas.

Alerte qualité : haro sur la maîtrise de la langue dans les quotidiens de Madagascar !

Vous qui, comme moi, êtes amoureux des belles phrases et des mots bien choisis, vous aurez remarqué qu'il est aujourd'hui particulièrement pénible de lire les articles que nous distillent de nombreux quotidiens malgaches, historiques ou nouveaux venus. 

Le journalisme à Madagascar
Certains journaux sont de véritables torchons

En malgache ou en français, de nombreux articles manquent de finesse et nous font régulièrement cadeau de gaucheries linguistiques et stylistiques pour offrir au final des textes peu agréables à lire. La différence entre les journalistes de l'ancienne génération et les nouveaux arrivants est particulièrement flagrant. Est-ce un signe du baisse de la niveau de formation ou bien s'agit-il d'un manque de sérieux dans l'exécution du travail ? Encore faut-il leur dire que le journaliste ne doit pas uniquement partager les informations, mais il doit le faire d'une manière correcte.

Un article bien rédigé est un signe de respect que tout journaliste témoigne envers ses lecteurs. Il serait donc plus avenant de revoir ses copies pour aboutir à une amélioration sensible de la qualité des articles. Ce sera d'ailleurs une belle manière de conquérir des parts de marché. 

Refaire le monde autour d'une bonne bière !

Voilà bien une activité à la fois créative, récréative, bénéfique et amusante. Nonobstant les croix bleues (et les malades) qui ne connaissent pas la joie de l'effet euphorisant de l'éthanol, les gens adeptes de la boisson au malt et au houblon (la population en bref), s'évertuent à chaque rencontre autour d'une bonne bière à discuter de l'actualité et des faits marquants de la société. Souvenez-vous de la dernière proposition qu'il aurait fallu apporter pour résoudre tel ou tel problème ou pour dissoudre telle ou telle crise. De bon cœur, votre cobière (par analogie à copain vous l'aurez compris) apportera sa propre vision qui est semble-t-il mieux agencée que vos idées, mais qu'à cela ne tienne, chaque intervention enrichit la discussion.

Lorsqu'on refait le monde autour d'une bière, on a toujours la perspective d'une vie meilleure, ce qui a pour avantage de cultiver la bonne humeur installée par le processus métabolique induit par l'alcool présent dans la bière. Une condition sine qua non est par contre nécessaire à l'installation durable de cette bonne humeur. Il est primordial de posséder un quotient intellectuel minimal avant d'entamer sa bière. En effet, un faible QI est vite asséché par la bière, amenant souvent ce type de protagoniste à manifester l'atout qui lui reste, sa force, engendrant un cycle de violence qui risque d'endommager la bière disponible sur la table.



Croyez-moi, il est à la fois instructif et délassant de refaire le monde autour d'une bière. C'est au cours de ces agréables moments avec un(e) ou plusieurs cobières que vous saurez les dernières technologies/expressions/théories/etc... à la mode dont vous ignoriez même l'existence. La politique devient un jeu d'enfant et l'économie s'explique par une nouvelle unité facilement assimilable, le prix d'une bouteille de bière. Fait remarquable, l'intelligence (de ceux qui possèdent le QI minimal nécessaire) s'accroit et la discussion s'enrichit en corrélation directe avec la quantité absorbée, passant du coq à l'âne sans aucun problème. S'il y a quatre cobières ou plus, il se passe par ailleurs un phénomène étonnant : les discussions croisées. J'ai toujours été admiratif de ce phénomène je dois l'avouer, mais au moment ou j'entame une discussion croisée par-dessous une autre discussion, il ne m'arrive pas en tête d'analyser la situation.

PS : Bien que refaire le monde autour d'une bonne bière soit très intéressant, n'oubliez pas de boire avec raison.

La rédaction Web à Madagascar

Il existe un phénomène qui mérite particulièrement notre attention, celle de la rédaction Web à Madagascar. Pour constater l'ampleur du phénomène, il suffit de faire un tour sur le site Jobmada.com, où les offres dans le domaine de la rédaction web abondent, pour ne pas dire qu'elles prolifèrent. Rares sont pourtant les sociétés qui disposent déjà d'une expérience probante. Toutes les annonces actuelles sont issues de sociétés nouvellement créées. Quel est l'impact de ce nombre croissant d'offres de prestations dans le domaine de la rédaction web ? La qualité est-elle toujours assurée ? Quel type de profil est le plus demandé ? Nous allons tâcher de répondre à toutes ces questions et bien d'autres.



Des profils universitaires, mais pas toujours


La plupart des annonces que l’on trouve sur les sites de recherche d’emploi mentionnent la nécessité d’un diplôme, majoritairement dans le domaine de la langue française et de la communication, mais de plus en plus d’annonces laissent le champ ouvert à tous les postulants, sans distinction de domaine. Aujourd’hui, c’est le test qui est privilégié semble-t-il, mais il faut savoir que la compétence rédactionnelle est très rarement issue d’un talent propre à une personne. Dans la majorité des cas, cette compétence s’acquiert au fil d’un cursus scolaire et/ou universitaire. Moi qui ai étudié à la Faculté des Lettres, j’ai connu des personnes qui ont été incapables d’aligner un seul paragraphe correct. Ces personnes n’ont bien évidemment pas pu terminer leurs études universitaires, mais aujourd’hui, ils se disent rédacteurs. En essayant d’être objectif, j’ai lu certains de leur texte et j’ai constaté une grande lacune non seulement sur le plan logique, mais également sur le plan syntaxique et orthographique de base, avec des fautes constatées même au niveau du genre des mots. Il est donc conseillé aux commanditaires de faire extrêmement attention à ces éléments puisque bien souvent, il ne s’agit pas de simples coquilles, mais de véritables fautes provoquées par un manque de connaissances linguistique et culturelle, pourtant nécessaire à la production d’un bon texte.

Une dualité culturelle qui détériore les textes

Il y a des textes écrits par les rédacteurs web malgaches qui sont d’une qualité exemplaire, atteignant le niveau des textes journalistiques français. Mais force est de constater qu’une grande majorité des textes est de bien moins bonne qualité. Je suis moi-même un rédacteur web et je dois vous avouer que la qualité de mes textes est loin d’être satisfaisante si l’on se réfère aux standards journalistiques francophones (vous le constaterez en lisant ce texte). L’atteinte d’un objectif chiffré corrompt peut-être la capacité créative, mais ce n’est pas la seule raison. La dualité culturelle entre en cause et il est impossible pour un Malgache de souche (frange majoritaire des rédacteurs) de penser à la manière d’un Français ou d’un Canadien francophone (selon les clients). Il existe toujours un arrière-goût de la culture malgache dans chaque texte écrit. Il existe bien évidemment de grandes sociétés où le pôle rédaction compte en son sein un superviseur qui est de culture (et de nationalité) française qui saura enlever toute ambiguïté culturelle, mais la plupart des sociétés et des entités individuelles de rédaction ne disposent pas de ce recul. De cette situation résulte une production globale très hétérogène. Les sociétés européennes et nord-américaines qui ont recours à l’outsourcing se doivent donc de faire particulièrement attention aux nombreux malgachismes, ce qui implique un effort supplémentaire.

Le plagiat, un phénomène à risque

Lorsqu’on opte pour l’outsourcing pour ses besoins en production de contenus, le premier souci est le respect du droit d’auteur des autres textes, c’est-à-dire l’absence de plagiat. On peut bien évidemment recourir à des logiciels ou des sites anti-plagiats, mais le coût prohibitif des services de ce type décourage les sociétés européennes, ce qui les amène à placer une confiance aveugle aux prestataires malgaches. Le phénomène de plagiat n’est pourtant pas rare à Madagascar. La pratique la plus courante consiste en la copie intégrale d’un texte, suivi d’une opération consistant à remplacer certains mots significatifs par des synonymes. La structure ainsi obtenue est donc parfaitement identique à un autre texte, production intellectuelle soumise au droit d’auteur. Il existe également une pratique qui consiste en l’interversion de deux ou de plusieurs paragraphes, avec l’ajout de quelques synonymes, mais il s’agit au final d’un plagiat. Le risque est alors grand pour le client de se voir poursuivre pour atteinte au droit d’auteur, pénalement répréhensible dans la majorité des pays. Les prestataires malgaches, bien qu’ils mentionnent le contraire, n’ont pas véritablement le moyen de faire une vérification anti-plagiat de la production de leurs rédacteurs, ils envoient donc parfois (et même souvent) des textes pas ou peu originaux, rendant difficile le référencement tout en exposant le client à de grands risques pénaux.

Internet, seule source d’information

Les rédacteurs malgaches ont très rarement accès à des sources d’information "en" dur, c’est-à-dire des livres, des magazines ou encore des émissions de télévision. Ces sources ont l’avantage de fournir des informations vérifiées (quoique … si l’on se borne à lire des magazines comme Closer ou Entrevue). A Madagascar, la seule source d’information est le web, et vu la qualité de la connexion disponible, bien peu de rédacteurs iront perdre du temps à charger une vidéo. De plus, il est impossible d’acheter un magazine ou un journal en ligne. Il existe bien évidemment de grands sites d’information, mais il y a des gammes d’informations impossibles à corroborer sur le Net. La volatilité des informations, le développement des flux RSS et la place de plus en plus prépondérante des contenus multimédias de type vidéo pénalisent particulièrement les rédacteurs de la Grande Ile qui n’ont alors accès qu’à des informations de « second ordre ». Il faudra de la pugnacité pour un rédacteur pour trouver une information à la fois fiable, ayant une grande valeur informative et pérenne. Outre les sites des grands groupes de presse, les informations virtuelles sont plus difficilement vérifiables, et sujettes à la spéculation.

N’est pas rédacteur qui veut

Bien des personnes se revendiquent aujourd’hui rédacteurs, mais il faut savoir que la compétence se reflète toujours dans la qualité du texte produit. L’énorme besoin en référencement pousse aujourd’hui les clients européens à accepter des textes de piètre qualité, mais il y aura un moment où l’exigence d’une qualité minimale obligera de nombreuses sociétés de rédaction à fermer boutique. Et nombreuses seront les structures qui pâtiront de cette future hausse de l’exigence qualitative. J’en serai même de ceux qui pourront ne plus avoir du travail dans ce domaine. Il faudra à ma propre personne une très grande discipline et une grande volonté de se cultiver pour garder un niveau acceptable. Il sera donc temps de (ré)intégrer CCAC, la seule bibliothèque qui offre une mise à jour régulière de ses magazines. Il faut savoir qu’au premier abord, le métier de rédacteur semble abordable puisqu’il faut uniquement disposer un ordinateur connecté (de nombreux rédacteurs vont dans les cybercafés pour puiser leurs informations). Il ne s’agit pourtant pas de placer des mots à la suite, mais de produire des paragraphes susceptibles d’intéresser les internautes. Il est de ce fait impossible de seulement « radoter » et produire des phrases vides. Il s’agit avant tout de mettre en mots (attrayants) une somme d’informations. Et ce n’est pas tout le monde qui en est capable. Moi-même, j’éprouve bien des difficultés à produire un texte. N’est pas rédacteur qui veut, et les clients devraient faire attention aux textes que livrent les prestataires malgaches.

Une idée de la rémunération des rédacteurs Web malgache

Dans la majorité des cas, la rémunération des rédacteurs web malgaches est dérisoire, notamment lorsque ces derniers évoluent dans le freelance, c’est-à-dire non affiliés à une société de plein droit qui offre les avantages sociaux ainsi que la sécurité de l’emploi grâce à la signature en bonne et due forme d’un contrat de travail. Après enquête, j’ai constaté que le prix moyen d’un texte de 400 mots est d’environ 5000 Ar, ce qui revient à 2,5 euros, alors que le prix de vente de ces articles aux commanditaires est en moyenne de 4,5 euros (environ 12 000 Ar). Le bénéfice réalisé par les prestataires qui font appel à des rédacteurs freelances est ainsi de près de 100%. Cette marge est moins importante pour les sociétés de droit malgache qui proposent un service de rédaction. En effet, le salaire mensuel d’un rédacteur débutant tourne autour de 300 000 Ar, somme à laquelle s’ajoute les taxes et la mutuelle. Un rédacteur confirmé peut gagner jusqu’à 700 000 Ar brut. A ce salaire de base vient également s’ajouter une prime de performance. La situation entre les rédacteurs travaillant en freelance et ceux travaillant au cœur d’une structure n’est donc pas comparable. Par souci de productivité, un freelance produira des textes de moins bonne qualité afin de produire un maximum de texte. Rares sont les prestataires indépendants qui peuvent livrer des textes de qualité. Pour une commande assurée, privilégiez les entreprises expérimentées et qui peuvent fournir un devis précis avec notamment une charte de qualité. Pour tout vous dire, cette catégorie de société est très rare, et propose bien souvent d’autres services Web comme le référencement ou le développement de sites.



Nous pouvons dire qu’il est très attrayant de commander des textes à des prestataires  implantés à  Madagascar, mais il est primordial de faire une étude de faisabilité ainsi qu’un test avant de se lancer dans une commande de masse. Bien des commanditaires ont regretté leur choix de par la piètre qualité des textes livrés. L'expérience ainsi que les références sont des critères primordiaux lorsque vous faites appel à un nouveau prestataire. Aujourd'hui, il n'y a que très peu de sociétés qui peuvent se targuer d'avoir deux ans d'expérience ou plus dans ce jeune secteur, mais seules ces sociétés sont  à même de définir avec vous la charte rédactionnelle adéquate. Prenez le temps de demander le type de structure du prestataire. Prenez le temps également de faire une "période d'essai" avant de vous engager sur le long terme afin d'éviter toute mauvaise surprise qui peut survenir au fil du temps. Il est par ailleurs conseillé d'opter pour des entreprises qui comptent au moins une personne d'origine européenne ou du moins qui a étudié en France afin d'adapter au mieux les textes à la culture des cibles.

Rédaction web : la valeur de l'information

Lorsqu'on travaille dans la rédaction web, ce n'est pas l'écriture qui prend le plus de temps, c'est la recherche d'information. Car comme dans le secteur du journalisme, c'est l'information véhiculée dans un texte qui en constitue la valeur intrinsèque. Globalement, dans mon cas, la phase de recherche et d'analyse occupe 65% du temps consacré à la rédaction d'un texte. Lorsque le thème est difficile, innovant ou en dehors des domaines d'expertise habituels, le temps passé à faire des recherches passe à plus de 80%.


Lorsque les informations nécessaires auront été comprises, synthétisés et traités, les mots pour exprimer les idées viennent facilement, mais encore faut-il disposer de la culture de référence nécessaire pour réussir l'énoncé de chaque élément dans son contexte. Si vous débutez dans le domaine, n'hésitez pas à consacrer le temps nécessaire pour l'autoformation en technique de courtage d'informations sur Internet. Au fil du temps, vous identifierez plus facilement les sites de référence, les information pertinentes et les données qui se recoupent.


Au bout du processus, vous aurez produit un texte renseigné. Libre alors à vous d'habiller le texte de votre originalité.

La rédaction web : un métier pas si accessible !

Ne croyez pas que la production de contenu/rédaction web soit un métier facile. Il est vrai qu'une connexion et un ordinateur sont les seules infrastructures requises, mais les exigences du métier sont souvent mal comprises et induisent les candidats en erreur.

La seule passion d'écrire ne suffit pas. Il vous faudra également maîtriser le système algorithmique des moteurs de recherche, analyser le besoin des internautes et s'adapter aux dizaines de thèmes qui vous seront soumis. Il est également essentiel de savoir se distinguer, car la valeur ajoutée d'un texte réside dans son originalité.

Avant d'envisager le métier de rédacteur web, posez-vous la question de savoir si vous avez le talent pour écrire, l'expertise pour dompter le web et la pugnacité pour créer systématiquement.

Rédaction web : la tentation du copier-coller

Pratique strictement déconseillée dans la rédaction web, le copier-coller ou l'aspiration partielle/totale d'un contenu séduit de nombreux rédacteurs, débutants et même confirmés. Cette pratique inintellectuelle "hautement déloyale" est par la suite suivie de quelques modifications mineures afin d'essayer de masquer le forfait. Ainsi est né le content spinning. Sans modification, le copier-coller est tout simplement qualifié de plagiat. 

Apparenté aux techniques black hat, c'est-à-dire malsain, le copier-coller est légalement répréhensible, car il relève de l'atteinte aux droits d'auteur. 

Sachez-le, chaque site web qui publie des informations est sous la charge d'un directeur de la publication qui se chargera de se manifester si le délit est constaté. J'ai moi-même déjà eu à réprimander un internaute qui a aspiré le contenu de mon blog. 

Tout bon rédacteur éprouvera de la difficulté à faire du simple copier-coller, même pour gagner du temps. Son professionnalisme le pousse en effet à retranscrire les données recueillies selon sa propre interprétation et selon la charte rédactionnelle convenue.

Les seules copier-coller tolérés sont les mots difficiles (vocabulaires étrangers par exemple, islandais et norvégiens plus particulièrement) et les noms propres. Pour les discours rapportés directs, je vous conseille de les saisir de nouveau, ce sera l'occasion de comprendre leur teneur. 

Pour celles et ceux qui sont tentés par un petit détour par la case copier-coller, sachez que l'algorithme de détection des outils en ligne est aujourd'hui très performant et sait distinguer les créations originales des pâles imitations.