ANANDRANO : LE CRESSON D'EAU D'ANTANANARIVO

Nasturtium officinale : c'est le nom scientifique du cresson d'eau (ou encore cresson de fontaine). Avec un taux de fer et de calcium très élevé, associé à un faible apport calorifique, cette plante potagère est très intéressante d'un point de vue diététique (surtout pour vous mesdames). Le goût n'est pas en reste car le cresson peut être affectionné de mille manières.

A Antananarivo pourtant, il est bien difficile de se lancer dans l'achat de cette panacée diététique. La situation est telle qu'à l'idée même d'en voir, on en a un haut-le-cœur. Le fait est que les cressons vendus au niveau des marchés de la Capitale sont cultivés en centre-ville (quartier d'Ampandrana par exemple) et que le système d'irrigation des champs de culture sont rejoints par les égouts des collines environnantes (Betongolo, Ampahibe ...). Horreur! Si vous allez aux toilettes dans ces quartiers donc, vous contribuez à la croissance des cressons (je suis cru des fois mais il faut bien exprimer les faits).

Que fait l'Etat dans un pareil cas? Depuis que les égouts se sont déversés dans ces champs, aucune mesure sanitaire ni de réaménagement n'a été entrepris. Faut-il toujours attendre qu'on aille à la campagne pour pouvoir manger du cresson? Je crains bien que oui.

LA PUBLICITE EN QUETE DE SENS ?

Allumer la télévision, écouter la radio ou encore lire un journal sans y trouver aucune publicité est aujourd'hui devenu quasiment impossible dans la plupart des pays, même ceux qualifiés de « moins avancés ». Ces supports médiatiques sont devenus le « terrain de jeu » des entreprises pour promouvoir, inciter ou tout simplement informer le public. Même dans un pays en voie de développement comme Madagascar, la somme investi dans le domaine de la publicité est considérable et le nombre d'agences de communication ne cesse de croître de jours en jours. La courbe exponentielle suivie par les dépenses publicitaires traduit de l'intérêt croissant des sociétés du rôle primordial de la communication publicitaire. Plus particulièrement, la publicité télévisée a connu une véritable révolution avec le développement rapide des technologies informatiques et numériques, et cette évolution se répercute sur le contenu ainsi que la forme des messages publicitaires.

« La publicité est une forme de communication particulière, car elle n’est pas perçue de manière identique par les différentes personnes impliquées : vitale pour l’entreprise, plutôt évitée par les consommateurs ».

Cette assertion d’Eric Vernette exprime parfaitement l’enjeu que revêt l’aspect stratégique de la publicité. Dans le domaine particulier de la publicité télévisée, nous constatons un développement fulgurent du nombre de spots diffusés (et par conséquent la somme d'argent investie), mais parallèlement, nous remarquons une grande disparité entre les différents spots publicitaires présents sur le marché. Cette différence entre les diverses publicités réside dans le sens qu'elles véhiculent en voulant transmettre un message particulier ou un faisceau de messages. C'est d'ailleurs à l'intérieur de ces sens transmis que réside l'efficacité d'une publicité.

Eric VERNETTE (Coll. Dirigée par), La publicité. Théories, acteurs et méthodes, Coll. Les Etudes, éd La Documentation Française, 2000, Paris, p. 13

DESIRÉ RAZAFINDRAZAKA : MAITRE INCONTESTÉ DU PRIEURÉ DU JAZZ MALGACHE

Le Festival international Madajazzcar ne serait pas ce qu'il en est actuellement si Désiré Razafindrazaka, actuel président du Comité d'organisation, n'avait pas plongé ses mains dans le cambouis de l'événementiel malgache en y apportant toute sa passion du jazz.

Sans vouloir se vanter, votre humble rédacteur a déjà eu l'immense honneur de travailler au sein de l'organisation du plus important festival de la Grande Ile (tout style musical confondu) et a pu expérimenter ce que veut dire le travail d'équipe, car là réside le secret du succès de l'événement. Rares sont les gens qui s'aperçoivent de l'immense travail qui est accompli en amont du festival et c'est là le secret du bonheur du public, car moins ils s'aperçoivent des difficultés et des lourdes entreprises, plus ils sont ravis.

Psychosociologue de son état, Désiré Razafindrazaka orchestre de main de maître une équipe jeune et dynamique (même dans les mauvais jours il faut le dire), et vous le verrez sans doute voguer de concert en concert pour apprécier le travail accompli et combler les failles (si faille il y a).

Je dis tout simplement, longue vie au festival Madajazzcar, en espérant qu'Andy Razaf prendra la relève.

Actuellement simple spectateur, et ravi de l'être, je dis tout simplement chapeau bas Monsieur, en vous remerciant de tout ce que vous m'avez appris.

L'ARGENT SALE DE MADAGASCAR

Je ne suis pas au fait de ce qui se trame au niveau du monde de la finance en ce qui concerne l'argent sale. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit mais l'argent sale dans son expression la plus littérale. Ces billets de banques qui circulent sur le marché et qui sont dans un piteux état.

Pour vous faire un petit tableau, nos coupures sont chiffonnées, scotchées de partout, dont les motifs et les textes sont quasiment illisibles. La faute à qui direz-vous ?

Il faut savoir que le taux de bancarisation à Madagascar est extrêmement faible, de l'ordre de 3% pour toute la population, et qu'il n'y a que sept guichets de banques pour un million d'habitants (chiffres de la Banque Centrale de Madagascar). Les billets de banque circulent donc de main en main sans passer par la BCM pour une longue période et a largement le temps de se détériorer.

Par ailleurs, l'usage de ces billets est telle que le processus de détérioration est grandement accéléré. Peu de gens sont au fait de l'utilisation d'un portefeuille, et se contentent de ranger leur pécule dans la poche, ou encore enroulée dans leurs artefacts vestimentaires. Pire, beaucoup, par raison de sécurité, les gardent à même la peau (dans les soutien-gorges pour ces dames, au niveau de la taille pour les messieurs...). Les billets sont donc soumis aux agressions de la sueur. Que dire de ces commerçants qui les mettent dans leur poches ou leur caisses pèle-mêle, sans prendre le soin de les ranger.

Le poissonnier ou le charbonnier ne sont pas seuls responsables de la détérioration des billets. La majorité des Malgaches ne respectent pas l'argent et les traitent de la pire manière. Vous qui êtes Malgaches, prenez conscience de cette réalité et évoluez. Car je dis que le respect de ces billets de banque est une marque d'évolution de la personnalité.

Pour conclure, je dirai tout simplement que pour vraiment s'enrichir, il faut commencer pas respecter l'argent.

SENS SANS CONSCIENCE N'EST QUE RUINE DE L'HOMME

Vous tous, tout comme moi, disposez des cinq organes de sens nécessaires à la perception du monde. Ils sont essentiels, à n'en juger que par la difficulté de ceux qui en sont privés à s'intégrer dans la société. Chaque information retenue n'est pourtant pas interprétée de la même manière. L'interprétation des données dépend de nos préconçus culturels, de nos connaissances et de notre idéologie. Cette différence est essentielle pour constituer la personnalité et se forger une image auprès de nos semblables. La divergence de perception des éléments de la réalité ne devrait jamais être une source de conflit. Susciter des mésententes est tout à fait naturel, mais n'oubliez pas que l'homme est doté de neurones interconnectés quasiment à l'infini. Au grand dam de nous tous, la plupart sont enclins à privilégier la manière forte et abrutissante. Au vu de ces gens, mon idéalisme semble être relégué au rang des idées farfelues et inapplicables. Il faudrait pourtant juste filtrer nos impressions avec du respect.

Faisons ce que nous voulons, abusons de ce que nous aimons, ignorons les mauvaises perceptions, mais que cela reste dans le total respect d'autrui. Autre chose très importante, il ne faut jamais imposer un carcan de perception aux autres. Certains politiques et la plupart des religions font pourtant de la modification des perceptions leur cheval de bataille. Moi qui déteste l'uniformité, je suis au déplaisir de constater l'incompréhension des autres quand j'expose ma vision du monde. Ils se sentent blessés puisque leur perception est remise en question et qu'ils ne comprennent pas encore que cela est dans la logique de la nature humaine. On n'est pas des bêtes pour avoir le même instinct. On n'est pas des arbres pour pousser de la même manière (de haut en bas). Chacun est libre de comprendre ce que bon lui semble tant que ce n'est pas au détriment des autres.

Qui dominera le monde alors? J'aimerai bien ne pas avoir d'éléments dominateurs.

Et souvenez-vous, mes cinq sens me signalent qu'il n'y a aucun dieu ou un quelconque être supra-sensoriel. Il y a plus de chance de voir des extraterrestres.

ADDICTED TO FACEBOOK ? JE PLAIDE COUPABLE.

Nombre d'entre vous se sont sans doute déjà posé la question portant sur cette addiction incommensurable qui nous attache à ce site communautaire qu'est Facebook. La raison se résume-t-elle au fait qu'on y retrouve ses connaissances ? Je ne le pense pas puisqu'on s'attache plus à se dévoiler à travers l'actualisation des statuts tout en s'amusant à lire ceux des autres, et a fortiori à les commenter. Quel est le vrai plaisir procuré par ce vaste tissu communautaire lié par ce fameux "Ajouter comme ami(e)". Moi-même, humble arriéré mental incapable de comprendre la raison de ma présence sur ce site, suis littéralement happé par cette incroyable machine marketing créé par un ancien étudiant de Harvard répondant au nom de Mark Zuckerberg.

Actuellement, les possibilités offertes par Facebook sont innombrables. On peut y publier et partager ses photos (qui fut d'ailleurs l'une des premières fonctionnalités activées), établir un profil complet (où l'on peut allègrement mentir) et effectuer des quiz et des tests (dont la grande majorité est d'une débilité aberrante). Le site évolue et mue sans cesse, et je me pose la question quant à la date où l'accès au site sera payant. Il y aura certainement quelques suicides, notamment dans les pays comme Madagascar où on n'a pas encore la possibilité d'effectuer des paiements en ligne. Des anecdotes liées à Facebook, on en a entendu parlé. L'on se souvient de ce cambrioleur qui s'est trahi en se connectant sur Facebook sur les lieux de son larcin. Des imbécilités comme celui-ci, il n'y en a peut-être pas des tonnes, mais on s'accordera à dire que le site communautaire entraîne des situations parfois cocasses.

Désormais, les recruteurs s'amusent à pinailler sur Facebook pour vérifier les dires des candidats qui postulent chez eux. Contraire à l'éthique, cette pratique est pourtant de plus en plus assimilée par les entreprises. Certains employés ont déjà été virés puisque leur patron s'est aperçu sur le réseau qu'ils étaient au bord de la mer pendant une congé maladie. Ma propre personne a pris la précaution d'adopter un pseudo au lieu de mon véritable patronyme et prénom, mais beaucoup d'entre nous y publions notre propre identité. Est-ce condamnable ? Pas le moins du monde, il faut l'avouer. Chacun est libre de son entreprise, mais n'allez donc pas vous plaindre lorsqu'il arrivera qu'on vous harcèle. Heureusement qu'il y a l'onglet "Rejeter". N'oublions pas non plus de bien paramétrer notre compte tout en prenant soin de choisir les applications que nous utilisons.

Il faut avouer une chose, Facebook est l'exutoire des timides. Sans y apprendre la vie en société, on apprend tout de même à s'y socialiser, à avancer un peu plus vers les autres. Il n'est pas envisageable pour certaines personnes de lier directement contact avec les autres (un véritable parcours du combattant croyez-moi, et je suis en connaissance de cause), et Facebook contribue à hauteur de sa capacité à l'intégration de ces personnes. Comme je suis à Madagascar, un pays totalement oublié par les spécialistes de la communication numérique, je n'en ai trop cure des collectes illicites d'informations, surtout nuisibles aux sociétés de consommation. Addicted to Facebook ? Je plaide coupable, mais il y a tout de même des limites que je me pose. On verra bien au fil des mois et des années si ce site est nuisible.


TERRE ROUGE DE MADAGASCAR, JE T'ADORE !

Je t'adore ! Je suis de ceux qui sont horripilés à l'idée même de dire ces mots à une personne, qu'importe de qui il s'agit. Ce mot présuppose un attachement profond et indéfectible envers l'individu à qui l'on s'adresse, ce qui est loin d'être mon cas. J'éprouve pourtant ce sentiment à l'égard de ma terre, de sa poussière et de ses racines. Je n'ai pas un nom malgache, mais qu'importe, mon appartenance à ces vallons et ces plaines est définitivement enracinée au plus profond de mon âme. Je ne suis pas de ces personnes qui le revendiquent urbi et orbi, mais il est des jours où je ressens l'envie de le dire tout haut.

Vivre dans ce pays est loin d'être une chose aisée, et on a sûrement les pires dirigeants qui soient. L'idée même d'être de la même nationalité que ces hurluberlus politiques me donne des urticaires, mais quoi qu'on en dise, je suis Malgache et je le resterai. Quelles en sont les raisons, je ne puis les définir avec certitude et de toute manière, je ne cherche pas à me définir. Mon R est d'ailleurs plus français que malgache, mon code vestimentaire s'apparente plus à la mode européenne et mon article se rédige dans la langue de Molière, ce qui ne m'empêche pas pour autant de ressentir une tenace fibre malgache.

Mon tilt est surtout venu d'une observation toute prosaïque que j'ai faite au cours de mes quelques voyages à l'extérieur du pays. Je n'ai jamais été en Australie, tenons-le pour dire, mais dans les contrées qui ont eu le malheur de m'accueillir, j'ai constaté qu'on ne soulevait jamais de poussière rouge avec nos chaussures lorsqu'on marche. J'ai même rarement vu des briques en terre rouge tel qu'on en voit partout sur les Hautes Terres malgaches. De là est venu mon insipide idée de lancer cette expression à l'encontre de la terre rouge malgache : "Je t'adore". Comme il est plaisant de savoir qu'on éprouve parfois des sentiments, et qu'on s'aperçoit que des contreparties, il y en a peu ou prou, si ce n'est de ne pas râler lorsqu'on est amené à parcourir d'immenses pistes à la limite du carrossable exaltant des tonnes de poussière.